Le cancer colorectal

S’agissant du dépistage du cancer colorectal, l’histoire s’est répétée. Un dépistage du cancer colorectal reposant sur la recherche d’un saignement microscopique d’origine digestive (tests au gaïac, tests immunologiques) est possible depuis plusieurs années. Comment évaluer l’impact de ce dépistage sur le pronostic des cancers du côlon et du rectum et sur la mortalité liée à ces cancers ?

Plusieurs départements français se sont investis depuis 1988 dans l’organisation d’un dépistage systématique des saignements digestifs microscopiques. Là aussi, il a fallu déterminer quels sont les sujets susceptibles de tirer le plus grand bénéfice du dépistage et quel était le test le plus fiable : la fiabilité d’un test est l’équilibre entre sa sensibilité et sa spécificité, entre le risque de « faux négatif » et le risque de « faux positif ». Un test peu sensible passera « à côté » de nombreuses lésions, donnera beaucoup de « faux négatifs » qui ne bénéficieront donc pas du dépistage puisque la lésion n’est pas détectée. Si le test est peu spécifique, il sera souvent positif mais pour une autre raison que la maladie recherchée. Ces « faux positifs » entraînent des examens diagnostiques inutiles qui ne confirmeront pas l’existence d’une lésion.:=} pour détecter les saignements d’origine colique ou rectale. Et il a fallu définir la fréquence des contrôles, les modalités de réalisation et d’interprétation des tests, les procédures de suivi des personnes dont le test est positif. Les résultats observés conduisent aujourd’hui les autorités scientifiques a encourager une généralisation du dépistage du cancer colorectal à tous les départements français dans les plus brefs délais. Ce dépistage concerne toutes les femmes et tous les hommes à partir de 50 ans et jusqu’à 75 ans, tous les deux ans, lorsqu’ils n’ont aucun facteur de risque particulier de développer un cancer colorectal. Trois mille vies pourraient être sauvées chaque année si 50% des personnes invitées au dépistage acceptaient d’y participer.

Le dépistage du cancer colorectal reste individuel pour les hommes et les femmes qui ont un risque plus important de développer ce cancer. Ce sont :

  • les personnes chez lesquelles on a découvert une maladie intestinale de type maladie de Crohn, rectocolite hémorragique chronique
  • les personnes qui ont déjà eu un cancer colorectal ou chez lesquelles on a découvert des polypes adénomateux du colon
  • les personnes qui ont un parent du premier degré (père, mère, frère, sœur, enfant) atteint par un cancer colorectal ou par des polypes adénomateux du colon

Le dépistage individuel du cancer colorectal ne fait pas appel à la recherche d’un saignement intestinal microscopique. Lorsqu’il existe un risque majoré de développer un cancer colorectal, l’examen de dépistage adapté est la coloscopie. L’âge de début de la surveillance et la fréquence des contrôles est fonction du niveau de risque de chaque patient.