Quels sont les cancers dépistables ?

Le dépistage a pour objectif, quelle que soit la maladie dépistée, d’offrir à des personnes a priori en bonne santé une plus grande chance de conserver ou d’améliorer cette santé.

Dépister, c’est vouloir identifier à l’aide d’un examen simple (test de dépistage) les personnes qui, sans aucun signe ni symptôme, sont peut-être atteintes par une maladie à un stade précoce ou préliminaire. Le dépistage se différencie du diagnostic par l’absence de signes d’appel. Si des signes cliniques (masse palpable…) ou des symptômes (douleur…) existent, la recherche de leur origine n’est pas un dépistage mais une démarche diagnostique.

Tous les dépistages peuvent être des pratiques individuelles réalisées sur prescription médicale : dépistage individuel ou spontané. Mais pour certaines maladies qui ont un impact majeur sur la santé publique, le dépistage peut devenir un acte de santé encouragé et financé par l’État qui met à la disposition de l’ensemble des personnes susceptibles d’en retirer bénéfice une stratégie de dépistage choisie pour ses performances. On parle alors de campagnes de dépistage, de Dépistage organisé ou systématique.

Le dépistage d’un cancer suppose :

  • l’existence d’une période latente (avant l’apparition des symptômes) suffisamment longue pour permettre la réalisation d’un test de dépistage
  • l’existence d’un test (examen clinique, biologique ou radiologique) suffisamment simple, fiable et sans risque pour être proposé à un grand nombre de personnes afin de détecter, chez quelques-unes, les signes précurseurs de la maladie ou la maladie à un stade précoce
  • l’existence d’une intervention thérapeutique (préventive ou curative) qui ait fait la preuve de son efficacité, le résultat « dépistage puis traitement » devant être supérieur au résultat « diagnostic puis traitement »

Les personnes dont le test de dépistage est positif doivent nécessairement entreprendre des examens complémentaires qui confirmeront, ou non, l’existence de la maladie donc l’opportunité d’un traitement.

Les cinq cancers les plus fréquents sont le cancer du sein, le cancer de la prostate, le cancer colorectal, le cancer du poumon et le cancer du col de l’utérus.

Nombre annuel de nouveaux cas (France, 2000)

Nombre annuel de nouveaux cas de cancer chez les hommesNombre annuel de nouveaux cas de cancer chez les femmes

Dans l’état actuel des connaissances et des techniques, le dépistage du cancer du poumon semble compromis par la brièveté de la période latente (phase où une détection est possible avant l’apparition des symptômes). Quant au dépistage systématique du cancer de la prostate, il n’est pas encouragé en raison d’un rapport bénéfices/risques insuffisamment établi. En effet, les risques liés aux traitements (risques d’incontinence et d’impuissance) paraissent importants rapportés aux bénéfices attendus en terme d’espérance de vie compte tenu du caractère souvent peu évolutif de ce cancer.

Parmi les cinq cancers les plus fréquents, seuls trois réunissent toutes les conditions d’un dépistage organisé : le cancer du sein, le cancer colorectal et le cancer du col de l’utérus.

Pour en savoir plus :
Dépister les cancers, mais à quelles conditions ?
UNAFORMEC Stratégies Médecine, n° 2, nov 2005

Éléments d’information des hommes envisageant la réalisation d’un dépistage individuel du cancer de la prostate
. Anaes Service des recommandations professionnelles. Septembre 2004.