L’histoire naturelle du cancer colorectal

Dans les pays occidentaux, 60 à 80% des cancers colorectaux résultent de la transformation d’une lésion bénigne préexistante : le polype adénomateux (petite excroissance de la paroi interne du colon).

Les polypes adénomateux peuvent, sur une durée d’évolution de 10 à 20 ans, augmenter de taille (10% atteignent un centimètre) et subir une transformation cancéreuse (un quart des adénomes de plus d’un centimètre deviennent des cancers). Ce sont d’abord des cancers in situ (contenus par la membrane basale de la muqueuse digestive) qui peuvent se transformer en cancer invasif (les trois couches de la paroi digestive sont atteintes) avec extension possible vers d’autres organes.

Illustration : séquence adénome-cancer
(séquence adénome-cancer.bmp)

Les polypes adénomateux et les cancers résultent de l’altération de l’ADN des cellules intestinales. Ces modifications de l’ADN sont secondaires :

  • au vieillissement : un tiers de la population est porteur d’un adénome à l’âge de 65 ans.
  • à des facteurs hygiéno-diététiques : effets néfastes d’un apport calorique excessif et de la sédentarité, effets protecteurs des légumes et de l’activité physique.
  • à une instabilité génétique familiale : existence de polypes ou de cancers colorectaux parmi les parents proches.
  • à une inflammation chronique du colon : maladie de Crohn, rectocolite hémorragique.
  • enfin, à des mutations génétiques héréditaires rares responsables de deux affections intestinales graves, la polypose adénomateuse familiale et les cancers héréditaires sans polypose (HNPCC).

Tous ces facteurs augmentent donc le risque de développer un cancer colorectal mais à des degrés différents :

  1. Le vieillissement et les facteurs hygiéno-diététiques entraînent un risque « moyen » évalué à 3,5% (Parmi 1000 personnes, 35 risquent d’être atteintes par un cancer colorectal avant leur 75ème anniversaire). Ce risque « moyen » est néanmoins responsable de 75% des cancers colorectaux car il touche l’ensemble de la population.
  2. L’instabilité génétique familiale et les maladies inflammatoires chroniques du colon entraînent un risque « élevé » estimé, selon le cas, entre 7 et 20% (soit 70 à 200 cancers parmi 1000 personnes présentant ces caractéristiques). Ce risque « élevé » est responsable d’environ 20% des cancers colorectaux.
  3. Enfin les mutations génétiques héréditaires entraînent un risque de cancer colorectal « très élevé » qui atteint 80 à 100%. Ces mutations représentent 5% des cancers colorectaux.

En savoir plus
Dépistage du cancer colorectal : Efficacité modeste, risque acceptable - Revue Prescrire Décembre 2007

Généralisation du dépistage du cancer du côlon en France : des points à améliorer - Revue Prescrire Avril 2008