Les résultats

Les premiers résultats dans les Alpes-Maritimes

La première campagne de dépistage des polypes et du cancer colorectal a débuté dans le département des Alpes-Maritimes en décembre 2005 par l’invitation des sujets âgés de 50 à 74 ans résidant dans les zones géographiques où tous les médecins étaient formés. La formation des médecins généralistes du département des Alpes-Maritimes s’est déroulée, par zones géographiques de septembre 2005 à décembre 2006. Les dernières invitations pour la première campagne de dépistage ont été adressées en juillet 2008. La deuxième campagne de dépistage des polypes et du cancer colorectal dans le département des Alpes-Maritimes a débuté en août 2008.

Dans le département des Alpes de Haute Provence la première campagne de dépistage des polypes et du cancer colorectal a débuté en décembre 2008, après la formation des médecins généralistes en octobre et novembre 2008.

Implication des professionnels

Cette implication a d’abord été celle des médecins du département de médecine générale du CHU de Nice qui ont élaboré, avec des collègues gastro-entérologues, le contenu pédagogique des séminaires d’information destinés à sensibiliser l’ensemble de la profession à l’intérêt d’un dépistage organisé du cancer colorectal. 30 séminaires se sont ainsi déroulés de septembre 2005 à décembre 2006 auxquels a assisté un total de 455 médecins.

1159 médecins généralistes (97%) et 75 gastroentérologues (83%) des Alpes-Maritimes sont aujourd’hui impliqués dans la campagne. Ils ont participé aux séminaires ou rencontré les déléguées à l’information médicale d’Aprémas. Les médecins généralistes disposent du matériel nécessaire pour inclure leurs patients dans le programme et leur délivrer les tests gratuits. 544 d’entre eux ont accepté de signer avec l’assurance maladie une convention qui contractualise une forme de reconnaissance financière de leur implication dans la campagne de dépistage.

Les médecins de santé publique du département (DDASS, Conseil général, CHU de Nice) soutiennent la campagne de dépistage et se sont investis dans l’animation des séminaires d’information.

Taux de participation

Selon les recommandations européennes, l’objectif fixé aux campagnes de dépistage du cancer colorectal est, à terme, d’entraîner la participation de 50% de la population cible. Ce taux représente un indicateur d’impact du programme.

Le taux de participation à une campagne s’analyse 12 mois après la dernière relance (l’envoi postal des tests). La participation à la première campagne de dépistage des polypes et du cancer colorectal dans le département des Alpes-Maritimes est de 32,5 %

Taux de tests non analysables

Le pourcentage moyen de tests non analysables est de 5,7%  et 61,1% de ces tests sont refaits. Ces chiffres qui représentent un indicateur de qualité du programme sont respectivement de 3,3% et de 75% sur la moyenne de 19 autres départements. InVS 2007 Ces résultats peuvent traduire une adhésion fragile des patients (tests mal faits, coloscopie refusée) qui doit mobiliser les efforts pédagogiques des médecins mais aussi d’Aprémas (rédaction des lettres de résultats, du mode d’emploi du test…).  Le taux élevé de tests non analysables peut aussi traduire un excès d’exigence du centre de lecture (un contrôle des procédures est indiqué afin d’exclure cette hypothèse) et une sur-représentation des personnes âgées dans les premières vagues d’invitation.

Le taux de tests positifs est de 3%. Il est plus élevé chez les hommes (3,8%) que chez les femmes (2,7%) et il augmente avec l’âge, allant de 2,8% chez les 50-54 ans à 3,4% chez les 70-74 ans. Ces résultats sont conformes à l’épidémiologie du cancer colorectal et aux résultats observés dans les autres départements.

Taux de réalisation des coloscopies après tests positifs

Parmi les 2564 tests positifs enregistrés au cours de la première  campagne, 82% ont été suivis d’une coloscopie. Ce taux est un indicateur d’efficacité. Le pourcentage de référence est de 90%. Le taux de réalisation moyen calculé dans 8 autres départements est de 86%.

Taux de coloscopies positives

Parmi les coloscopies enregistrées, 41% se sont révélées positives, mettant en évidence l’existence d’un adénome ou d’un cancer colorectal. Tous ces pourcentages sont supérieurs aux taux de référence et aux résultats enregistrés dans 8 autres départements (cf. tableau des résultats). Si cette tendance se confirme, des analyses seront faites en fin de campagne afin d’en retrouver l’origine. Une sur-représentation des âges élevés pourrait l’expliquer.

Taux de cancers et d’adénomes détectés

Le taux des cancers et des adénomes détectés parmi les personnes dépistées fait partie des indicateurs d’efficacité du programme. Pour une première campagne, le référentiel international est de 1 à 2 cancers et 7 à 8 adénomes pour 1000 personnes dépistées. Les résultats du département sont de 1,9 cancers et 9,5 adénomes pour 1000 personnes dépistées, chiffres cohérents avec le taux de positivité élevé des tests et des coloscopies.

Tableau de résultats

 Références internationalesRésultats FranceRésultats Première campagne 06
Taux de participation 50% 4% (31 à 54%) 32,5% (estimation)
Taux de tests non analysables / 3,3% 5,7%
Taux de tests non analysables refaits
/ 75% 61,1%
Taux de tests positifs 2 à 3% 2,7% 3,0%
Taux de coloscopies faites 90% 86,2% 82,0%
Taux de coloscopies positives
- cancer
- adénome

10%
30 à 40%

9,2%
31,1%

7,0%
34,3%
Taux de détection des adénomes 7 à 8‰ 7,2‰ 9,5‰
Taux de détection des cancers
1 à 2‰ 2,3‰ 1,9‰