Quelle efficacité ?

La sensibilité d’un programme de dépistage est la probabilité que le diagnostic de la maladie soit fait par le dépistage avant la déclaration de la maladie. Cette probabilité augmente avec la longueur de la phase préclinique pendant laquelle le dépistage est possible et la maladie silencieuse.

Pendant les 10 à 20 années de développement d’un adénome puis d’un cancer, on considère qu’il y a 4 à 6 années de détectabilité préclinique par recherche d’un saignement occulte.  Dans ce délai, 2 à 3 tests au gaïac peuvent être réalisés. Si chacun de ces tests comporte un risque de 50% de passer à côté d’un cancer, ce risque théorique n’est plus, en terme de probabilité, que de 25% pour un programme de 2 tests et de 12,5% pour un programme de 3 tests. Ce qui se rapproche des performances d’une coloscopie.  La répétition du test tous les deux ans légitime le dépistage par recherche d’un saignement occulte dans les selles.

Pour autant, les faux négatifs existent, surtout au début des campagnes de dépistage lorsque, pour une partie importante de la population ciblée, le premier test est réalisé à un âge avancé. La recommandation est de débuter le programme à 50 ans et de le poursuivre jusqu’à 74 ans mais les personnes qui ont eu 50 ans avant la mise en place des campagnes de dépistage ne bénéficient pas de cette prise en charge optimale. Un premier test à 70 ans peut passer à côté d’un cancer qui évolue silencieusement depuis 15 ans et devient symptomatique 1 an après le test. Il y avait quand même une chance sur deux pour que ce test soit positif et le traitement débuté un an plus tôt.