Début à 40 ou à 50 ans ?

En 2000, 18,5% des nouveaux cas de cancers ont concerné des femmes âgées de 40 à 49 ans.

Cependant, dans l'état actuel des connaissances, il n'est pas possible d'affirmer que la balance bénéfices/risques d'un dépistage débutant à 40 ou 45 ans est positive pour les femmes qui n'ont pas de risque particulier (pas de maladie du sein ni d'antécédent personnel ou familial de cancer du sein), soit plus de 80% des femmes.

En effet, pour certains auteurs (BS 61), les effets délétères du dépistage seraient plus élevés chez les femmes plus jeunes :

  • risques de faux positifs et de faux négatifs plus importants en raison des moins bonnes performances de la mammographie lorsque les seins sont denses, ce qui est plus souvent le cas chez les femmes jeunes
  • risque de surdiagnostic plus élevé en raison d'une plus grande fréquence des cancers in situ non évolutifs
  • enfin, risque d'irradiation plus élevé puisque les mammographies commencent plus tôt et sur des seins plus jeunes réputés plus sensibles

Les données scientifiques actuelles ne permettent pas de trancher et des études sont en cours, notamment au Royaume-Uni, qui démontreront peut-être les bénéfices à attendre d'un dépistage initié à 40 ans. Dans l'attente de nouveaux résultats, le groupe de travail de l'ANAES s'est prononcé, en mars 2004, pour le maintien à 50 ans de l'âge d'entrée dans le programme de dépistage national.

Cette recommandation ne concerne pas les femmes qui ont des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein. Elles doivent être suivies de manière individuelle et c'est le médecin qui défini, au cas par cas, l'âge de début de la surveillance et la fréquence des contrôles.

Pour en savoir plus :
Opportunité d'étendre le programme national de dépistage du cancer du sein aux femmes âgées de 40 à 49 ans
ANEAS - Actualisation, mars 2004