Quelles preuves d’efficacité ?

Le bien fondé du dépistage organisé du cancer du sein repose sur l'analyse des études conduites en Amérique du Nord (États-unis et Canada) et en Europe (Pays-Bas, Suède, Royaume Uni) depuis plus de 30 ans avec la participation de dizaines de milliers de femmes. Sur la base de ces études, le Centre International de Recherche sur le Cancer réaffirme, en 2002, que « le dépistage systématique par mammographie réduit la mortalité par cancer du sein et que, pour cela, les programmes de dépistage sont plus efficaces que le dépistage individuel de certains groupes de femmes ».

Le dépistage mammographique peut réduire les décès par cancer
du sein
- International Agency for Research on Cancer 2002, communiqué de presse

Les derniers résultats obtenus en Suède confirment une baisse de 40 à 45% de la mortalité par cancer du sein chez les femmes qui participent aux campagnes de dépistage organisé.

Reduction in Breast Cancer Mortality from the Organised Service Screening with Mammography - The Swedish Organised Service Screening Evaluation Group

L'enjeu, en 2007, est moins de prouver l'efficacité du dépistage du cancer du sein que de garantir à ce dépistage le niveau de qualité grâce auquel il peut revendiquer cette efficacité.

Les études d'efficacité ont été réalisées, pour la plupart, dans des pays où le dépistage est assuré par des centres spécialisés exclusivement dédiés à cette activité : 26 centres de dépistage en Suède, 94 en Angleterre.

En France, plutôt que de créer des unités spécialisées, les pouvoirs publics ont décidé de s'appuyer sur le réseau des 2000 centres de radiologie équipés de mammographes, dont 90% dans le secteur privé (années 90).

Aucun autre pays n'a expérimenté, avant nous, cette stratégie de dépistage qui représente des avantages :

  • La proximité des cabinets est un facteur susceptible de favoriser l'adhésion des femmes au dépistage.
  • Les formations spécifiques délivrées aux radiologues et aux manipulateurs partenaires du dépistage organisé des cancers du sein bénéficient à l'ensemble de leurs activités faisant appel à la mammographie : le dépistage, bien sûr, mais aussi le diagnostic et la surveillance des maladies du sein. Autrement dit, l'expertise acquise grâce au dépistage organisé bénéficie également à la qualité des soins, ce qui n'est pas le cas lorsque les experts du dépistage sont investis dans cette activité à l'exclusion de toute autre.

Mais cette stratégie présente également un inconvénient. Garantir la qualité des procédures est plus compliqué lorsque le nombre des opérateurs augmente. C'est le rôle des centres de coordination du dépistage d'assurer, en étroite collaboration avec l'ensemble des partenaires et par un échange permanent d'informations, le contrôle de la qualité et de l'efficacité du dépistage (qualité des appareils, des images et de leur interprétation, nombre et type de cancers détectés, délais de prise en charge).

Les campagnes de dépistage mettent en œuvre les contrôles et les stratégies (double lecture des mammographies) qui permettent, vis-à-vis de chaque femme, de garantir les performances du programme, c'est à dire un maximum de bénéfices pour un minimum d'effets délétères.

L'Institut National du Cancer estime que 3000 vies pourraient être sauvées chaque année si les femmes de 50 à 74 ans réalisaient tous les deux ans une mammographie dans le cadre du programme de dépistage organisé.

Pour en savoir plus
Dépistage du cancer du sein par mammographie : évaluation de la méta-analyse de Gotzsche et Olsen -ANAES - Janvier 2002

Dépistage du cancer du sein : que peut-on dire aujourd'hui des bénéfices attendus ? INCa / InVS - Sept 2006